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Tendances marketing 2026 : là où le marketing va vraiment
J’attendais cet article avec impatience. Pourquoi ? Parce que, depuis quelques années, le marketing n’avait pas connu grand-chose qui mérite vraiment le nom de révolution. Les tendances prolongeaient surtout des phénomènes déjà installés.
Cette fois, c’est différent. Plusieurs transformations prévues en 2026 vont bien plus loin qu’un nouveau format vidéo ou qu’une plateforme supplémentaire sur laquelle une marque serait prétendument obligée d’être présente.
Je dois néanmoins vous prévenir : cette révolution repose sur une base technologique solide. Certaines possibilités exigent de vraies compétences techniques ou un bon partenaire. Je proposerai donc des actions accessibles aux petites structures et des pistes plus avancées pour les équipes mieux équipées. Ne vous découragez pas si vous ne comprenez pas tout ou ne pouvez pas tout mettre en place. Personne ne maîtrise l’ensemble à cent pour cent.
En 2024, le marketing cherchait encore surtout à capter l’attention. En 2025, l’IA s’est banalisée. En 2026, nous entrerons dans l’année de l’utilité, présentée dans la bonne interface.
Ce qui change, c’est l’architecture même d’Internet – et, avec elle, les règles du jeu.
Trois forces alimentent cette évolution :
- le temps passé en ligne devient de plus en plus du temps passé dans une application précise : TikTok, Instagram, LinkedIn, Amazon, ChatGPT ;
- dans ces applications, les algorithmes pilotent l’attention sans construire de fidélité : ils optimisent la pertinence du moment ;
- confiance et fidélité deviennent alors des ressources rares, vérifiables et… coûteuses.
Voici les domaines qui devraient déterminer l’efficacité du marketing en 2026, ainsi que quelques signaux encore émergents qu’il vaut mieux surveiller.
Technologie : Internet et intelligence artificielle
Pendant des années, nous avons conçu des tunnels de vente : publicité → landing page → panier → e-mail. En 2026, une part croissante de ce parcours se refermera dans une seule application.
Meta mise notamment sur WhatsApp. Une personne voit une publicité Click-to-Message, ouvre une conversation, reçoit un conseil ou une offre personnalisée et peut, lorsque les fonctions locales le permettent, avancer jusqu’à la transaction avec un minimum de ruptures. Le modèle vient des everything apps populaires en Asie.
Cela ne signifie pas que tous les achats français se feront demain dans WhatsApp. Cela signifie que les plateformes retirent progressivement les frictions et absorbent davantage d’étapes du parcours client.
Que pouvez-vous faire dès maintenant ?
- Étudiez les outils natifs comme WhatsApp Business, les publicités Click-to-Message ou le TikTok Shop Seller Center.
- Vérifiez les intégrations disponibles avec votre CRM, votre boutique, le paiement, le stock et le support. Shopify est un exemple évident, mais ce n’est qu’une pièce du système.
- Ne mesurez pas seulement le clic. Vérifiez si le parcours complet devient réellement plus court et plus clair pour le client.
Le contenu pilier sur les réseaux sociaux
La recherche de produits ne commence plus automatiquement sur Google. Les publics les plus jeunes interrogent Instagram, TikTok, YouTube ou Pinterest pour trouver des réponses, des retours d’expérience et des preuves visuelles. Une partie de la logique SEO se déplace donc vers les plateformes sociales.
Une stratégie utile consiste à produire du contenu pilier : des contenus fondamentaux qui répondent de manière complète aux questions les plus fréquentes et les plus importantes d’un marché. Sephora publie par exemple de courtes vidéos sur des sujets comme « Comment choisir son rétinol ? » ou « Dans quel ordre appliquer ses soins ? ». Ce ne sont pas des posts isolés. C’est une bibliothèque qui nourrit la recherche, la recommandation et, ensuite, la vente.
Sans ces contenus, impossible de construire un tunnel solide dans une plateforme. Une automatisation ne peut travailler qu’avec la matière que vous lui fournissez.
Que pouvez-vous faire ?
- Recensez les questions essentielles sur votre secteur, votre persona, puis seulement sur votre produit.
- Transformez-les en vidéos utiles et suffisamment complètes, accompagnées de contenus textuels.
- Reliez chaque réponse à une étape suivante. Des outils comme ManyChat ou Spur peuvent automatiser la conversation et le passage à l’achat, mais ils ne remplacent pas une bonne réponse.
Agent-to-Agent Marketing : quand les machines choisissent pour nous
Pour Google, Microsoft et d’autres acteurs technologiques, le point de contact principal sera de plus en plus souvent un assistant IA. L’utilisateur ne demande plus seulement une liste de liens. Il réclame une recommandation, une comparaison, voire l’exécution de la tâche.
Une nouvelle discipline apparaît : le GEO, pour Generative Engine Optimization. Mais le changement le plus profond ressemble plutôt à de l’Agent-to-Agent Marketing : votre entreprise publie des informations, un agent les interprète, puis un autre agent – ou son utilisateur – prend une décision à partir de cette interprétation.
Comment vous y préparer ?
- Rédigez des informations produit explicites, cohérentes et vérifiables. Une métaphore de marque peut rester, mais le prix, la disponibilité, la cible, les limites et les bénéfices doivent être compréhensibles sans elle.
- Faites de votre site la source de vérité sur votre offre. Utilisez des données structurées et maintenez les mêmes informations dans vos pages, vos flux et vos annuaires.
- Ne servez pas deux vérités contradictoires aux humains et aux robots. Utilisez
robots.txtet des outils tels que Cloudflare AI Crawl Control pour observer ou contrôler les accès. Un fichierllms.txtpeut compléter le dispositif comme sommaire lisible par les machines, mais fin 2025 il reste une proposition, pas une norme universellement respectée. - Mesurez votre visibilité dans les réponses d’IA. Des outils comme Peec AI, Profound ou Chatbeat évoluent vite ; l’essentiel est de tester de vraies questions de clients, pas d’acheter uniquement un joli tableau de bord.
Votre site ne disparaît pas. Son rôle change : il n’est plus seulement la page où une personne doit convertir, mais la source dans laquelle humains, moteurs et agents doivent retrouver les mêmes faits fiables.
Un Custom GPT comme canal marketing
Un Custom GPT est une version préparée de ChatGPT, dotée d’instructions, de connaissances et d’une mission précise. Il peut transformer une partie de votre méthode en outil.
Lors de la conférence I ❤️ Marketing, j’ai parlé de la recherche d’un avantage concurrentiel déloyal. J’ai présenté un cadre appelé F.O.C.U.S. et créé F.O.C.U.S. Find. Ce GPT pose dix questions, puis produit une synthèse. Il indique aussi clairement qu’il est soutenu par Yggdrasil, ma communauté polonophone d’entrepreneurs.
Si vous possédez un savoir utile à vos clients, vous pouvez en faire une vidéo courte. Mais vous pouvez également leur donner un outil capable d’appliquer ce savoir à leur situation particulière.
La différence compte. Une vidéo demande de l’attention. Un assistant utile accomplit une tâche. C’est précisément ce qui peut en faire un point de contact avec la marque.
MCP comme canal marketing
MCP signifie Model Context Protocol. C’est une norme ouverte qui permet aux applications d’IA d’accéder à des outils externes et à des données actualisées. Le modèle n’est alors plus obligé d’inventer : il peut appeler une fonction clairement définie.
Exemple simple : vous demandez à un assistant quel chiffre d’affaires le produit X a généré dans votre boutique. L’assistant appelle un outil autorisé, celui-ci traite les données de vente et renvoie le résultat. Le même principe permet de trouver une chambre d’hôtel, de composer une playlist, de vérifier une livraison ou de préparer une réservation.
En octobre 2025, OpenAI a présenté les Apps dans ChatGPT et un Apps SDK reposant sur MCP. Booking.com et Spotify figuraient parmi les premiers partenaires. Au moment de la publication de cet article, ces applications n’étaient toutefois pas encore généralement disponibles dans l’Espace économique européen. Pour les marques européennes, il s’agit donc moins d’un canal immédiatement exploitable que d’un signal très clair sur le prochain type d’interface à préparer.

Si votre entreprise possède des données ou des fonctions que les clients doivent aujourd’hui retrouver après s’être connectés et avoir parcouru plusieurs écrans, posez-vous trois questions :
- Quelle tâche précise un assistant pourrait-il accomplir pour le client ?
- Quelles données peut-il recevoir – et lesquelles doivent rester hors de portée ?
- Comment gérer consentement, authentification, journalisation et révocation ?
Un serveur MCP n’est pas une bannière publicitaire. C’est un accès à une action utile. Voilà sa valeur marketing.
Des interfaces générées à la demande
Toutes les réponses ne devraient pas prendre la forme d’un texte. Pour choisir un produit, des cartes avec photo, prix et bouton d’achat sont parfois plus utiles. Pour analyser des données, un graphique vaut souvent mieux que trois paragraphes.
L’Apps SDK d’OpenAI associe ainsi la conversation à des composants interactifs. Google expérimente Disco et GenTabs : à partir des onglets ouverts et d’une tâche, le système peut générer une interface temporaire pour comparer des produits, apprendre un concept ou organiser un voyage.
En 2026, nous verrons davantage d’IA produire une interface au moment précis du besoin. Une nouvelle question se pose alors aux marques : comment préserver couleurs, ton, origine des données et responsabilité quand l’écran n’est plus assemblé par votre site, mais par un assistant ?
Humains : confiance et crédibilité
Assez parlé de l’IA comme personnage principal. Revenons au facteur humain.
Une nouvelle ère pour les influenceurs
La Chine offre un aperçu particulièrement net de l’évolution possible des règles. Contrairement à ce qu’ont laissé entendre certains titres fin 2025, l’obligation de qualification n’y est pas nouvelle : dès 2022, les règles chinoises applicables aux présentateurs de livestreams exigeaient des justificatifs professionnels pour les sujets tels que la médecine, la finance, le droit ou l’éducation.
Une nouvelle couche s’est ajoutée en 2025. Depuis le 1er septembre, des règles obligatoires imposent d’identifier les contenus générés ou synthétiques. Les autorités luttent également depuis plusieurs années contre la fausse expertise, les mises en scène trompeuses et l’étalage de richesse utilisé pour fabriquer de l’audience.
L’Europe ne copiera pas simplement ce modèle. La pression sociale va néanmoins dans une direction voisine : celui qui parle de santé, d’argent ou de droit doit pouvoir expliquer sur quoi reposent ses affirmations. Pour les marques :
- Auditez les créateurs au-delà de leur audience : qualifications, manière de citer leurs sources, prises de position passées et conflits d’intérêts.
- Les experts crédibles coûteront plus cher. Ce supplément peut rester bien inférieur au prix d’une crise provoquée par un conseil erroné.
- Développez l’employee advocacy. Vos spécialistes internes connaissent souvent mieux le produit, les clients et les limites qu’un influenceur généraliste – à condition de recevoir formation et accompagnement éditorial.
- Si vous construisez votre propre marque d’expert, délimitez votre terrain. Celui qui prétend parler de tout finit par ne représenter rien.
Personnages synthétiques honnêtes et trompeurs
Le public sait désormais qu’une image, une voix ou une vidéo peut être entièrement synthétique. Le problème n’est pas automatiquement l’usage de l’IA. Le problème est l’incertitude sur l’origine.
Imma, influenceuse virtuelle apparue dans une campagne d’IKEA Japon, se présente ouvertement comme un personnage artificiel. Elle possède une apparence, une personnalité et un univers reconnaissables. Le public sait avec quoi il interagit.
À l’opposé se trouve l’AI slop : des contenus interchangeables, sans auteur ni point de vue, qui tentent parfois de se faire passer pour réels. Les plateformes ont peu intérêt à devenir durablement les décharges de ce type de production.
Le marché des contenus synthétiques sous licence progresse également. Le 11 décembre 2025, Disney et OpenAI ont annoncé un accord permettant à Sora, à partir de 2026, de générer des vidéos avec plus de 200 personnages sous licence issus de Disney, Marvel, Pixar et Star Wars.
Que pouvez-vous faire ?
- Si vous produisez avec l’IA, donnez à vos contenus un caractère visuel distinctif et rendez leur origine claire.
- Travaillez littéralement la voix de votre marque. Des outils comme ElevenLabs permettent d’en concevoir une ; la voix par défaut utilisée par tout le monde ne crée aucune reconnaissance.
- Construisez autour de votre avatar une personnalité, des limites, des problèmes et des personnages secondaires. Un avatar est davantage qu’un visage posé sur un modèle de langage.
- Désignez la personne qui vérifie et assume chaque publication. La transparence ne remplace pas la rédaction.
Le retour des formats longs
La vidéo courte ne disparaîtra pas. Mais les contenus auxquels les gens consacrent volontairement davantage de temps prennent de la valeur. Liquid Death construit un divertissement autour d’une marque d’eau. Red Bull produit des documentaires qui restent intéressants même lorsqu’on oublie le produit.
La durée n’est pas le véritable critère. C’est le mélange d’éducation et de divertissement. Un format long sans narration ne devient pas utile parce qu’il est long. Un format court sans substance ne devient pas bon parce que l’algorithme le favorise.
Le style visuel, la voix et l’univers de marque évoqués plus haut fonctionnent aussi dans ces formats – que l’IA participe ou non à leur production.
Des données fournies directement par les personnes
Les utilisateurs veulent protéger leur vie privée. Dans le même temps, beaucoup acceptent de transmettre volontairement des informations lorsqu’ils obtiennent immédiatement une contrepartie compréhensible. Le marketing parle souvent de zero-party data : des données qu’une personne choisit de déclarer activement.
L’Oréal utilise par exemple des diagnostics numériques de la peau pour recommander des produits. L’utilisateur répond à des questions et peut fournir une photo. La valeur reçue est claire : un conseil plus pertinent.
Des outils tels que Thrive Quiz Builder ou Heyflow permettent de relier des diagnostics et des quiz à votre CRM.
Comment procéder ?
- Déterminez d’abord l’information réellement nécessaire. Ne collectez pas « au cas où ».
- Résolvez immédiatement un problème concret en échange.
- Expliquez clairement l’usage des données et recueillez le consentement requis.
- Adaptez réellement la réponse ou l’offre. Collecter des données pour envoyer ensuite le même message à tout le monde ne crée aucune valeur.
Bien-être numérique
Les clients sont surstimulés et surchargés. Certaines marques commencent donc à ne plus réclamer toujours davantage d’attention, mais à la traiter avec respect.
37signals, l’entreprise derrière Basecamp et HEY, critique depuis longtemps les notifications permanentes et les réunions qui auraient pu être un message. IKEA parle du sommeil et de l’intérêt de sortir le téléphone de la chambre. LEGO insiste, dans ses expériences destinées aux enfants, sur la sécurité et l’adaptation à l’âge plutôt que sur les dark patterns qui fabriquent artificiellement l’engagement.
Que peut faire une marque ?
- Concevez des expériences qui ont une fin, pas une boucle infinie. Un contenu utile par jour peut valoir mieux qu’un fil sans fond.
- Faites gagner du temps et dites comment : désabonnement en un clic, synthèses claires, aucune étape ajoutée artificiellement.
- Réduisez les stimuli au lieu de les maximiser. Une newsletter calme ou une communauté bien structurée peut être plus précieuse qu’un nouveau flux social frénétique.
- Ne mesurez pas seulement le temps passé. Mesurez si le client atteint son objectif plus vite et avec moins d’effort.
Est-ce la liste complète des tendances marketing 2026 ? Bien sûr que non. Certaines dynamiques de l’année précédente continuent, comme les communautés construites en dehors des grandes plateformes. D’autres ne sont encore que des signaux faibles.
Mais le changement principal tient en une phrase : la technologie prend en charge une part croissante du choix et de l’exécution – l’utilité, l’origine identifiable et la confiance humaine deviennent donc d’autant plus précieuses.
Lesquelles de ces transformations voyez-vous déjà sur votre marché ?
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Une idée utile à la fois — sur les marques, les choix, les récits et l’IA. Écrite quand il y a quelque chose à développer, pas pour remplir un calendrier.

